Je ne suis pas un mouton à 5 pattes, je suis un canard taupe

Les personnes qui m’ont côtoyé pourront en témoigner. Lorsqu’on me lance sur l’ornithorynque je peux monopoliser la parole pendant de longues minutes.

Si vous n’avez pas eu cette chance de m’écouter raconter la longue histoire de l’ornithorynque, je me propose aujourd’hui de vous faire un très court résumé de notre couple.

Découverte

Étant enfant dans les années 70 (Internet n’était pas encore présent dans tous les foyers), j’ai collectionné les fiches animaux des “Éditions Rencontres”. Grâce à cette collection, j’ai pu découvrir les animaux les plus beaux comme la Panthère des neiges ou la Girafe. Mais aussi les plus étranges comme l’Axolotl ou le Kiwi. Sur ces fiches, on pouvait retrouver un certain nombre d’informations sur les animaux : leur lieu de résidence, leur genre, leur espèce, leur habitat (forêt vierge, marécage, steppe…)

Parmi tous ces animaux, les animaux endémiques d’Australie ont particulièrement retenu mon attention : les koalas, les échidnés et bien sur les ornithorynques. Je les trouvais un peu seuls dans leur famille respective et tellement éloignés géographiquement de la France.

Cette singularité a permis d’aiguiser ma curiosité. Et aujourd’hui cette curiosité se transforme en recherche de langages, de pratiques, de projets qui me permettront de continuer à apprendre.

Rigueur

Avec l’âge, je me suis peu à peu renseigné sur la découverte de l’ornithorynque et de son voyage depuis l’Australie vers le vieux continent au XIXème siècle. J’ai pu y apprendre les tractations qui eurent lieu au sein de la communauté des naturalistes pour savoir où le classer. Ces tractations durèrent 86 ans !

Quel plaisir ont dû avoir les plus grands biologistes de l’époque (Richar Owen, Saint-Hilaire et W.H. Caldwell) pour mettre à jour la classification des animaux et y faire rentrer ce nouvel animal monotrème - mammifère et ovipare - famille qu’il partage avec les échidnés.

Je jalouse un peu aujourd’hui ces scientifiques qui ont pu schématiser l’une des plus belles bases de données sur terre : celle des êtres vivants. Base de données qui comme celles que nous pouvons trouver dans nos métiers actuels ont leurs cas particuliers (monotrèmes) et leur code mort (les dinosaures).

Adaptation

En regardant de plus près l’ornithorynque et son environnement, on est obligé de valider l’opinion de Stephen Jay Gloud. L’ornithorynque est “un chef-d’oeuvre du design : un exemple fantastique d’adaptation au milieu, qui a permis à un mammifère de survivre et prospérer dans les rivières” (Umberto Eco).

L’expérience de développeur logiciel, que j’ai acquise durant les 15 années de ma vie professionnelle, m’a permis de ne pas préjuger des fonctionnalités ou des besoins d’un client. Il est obligatoire d’aller sur le terrain et de faire évoluer le logiciel dans son environnement. Ma pratique du Lean Startup découle des mêmes aspirations.

Et demain

Je me rends compte que mon parcours initiatique en compagnie de l’ornithorynque se rapproche de mon travail de tous les jours. La découverte, la rigueur de raisonnement et l’adaptation. L’ornithorynque est le plus vieux mammifère sur terre, j’aspire à devenir le plus vieux développeur ; il me reste encore quelques années devant moi pour accomplir ce destin.


Références :

Notes

Pour en connaître un peu plus sur les animaux :

Quelques biologistes du XIXème :